Au Burkina Faso, Rita Nébié, promotrice de Soli’Agro, mise sur l’association du petit cola et du gingembre pour proposer un produit transformé localement. Lancée en 2019, cette initiative illustre une manière de valoriser les ingrédients locaux et d’explorer de nouvelles possibilités dans la transformation agroalimentaire. À travers cette association, elle entend proposer une préparation qui sort de l’ordinaire et contribuer à faire découvrir autrement des ingrédients connus des consommateurs.

Une association née d’une idée originale

L’histoire du petit cola au gingembre de Rita Nébié commence en 2019, à la suite d’une discussion entre amis autour des produits réputés pour leurs effets aphrodisiaques. De cette conversation naît l’idée d’essayer une préparation qui sorte de l’ordinaire, en associant deux ingrédients connus : le petit cola et le gingembre. Ce qui commence comme une idée échangée entre amis évolue progressivement vers une initiative de transformation et de commercialisation.

Rita Nébié explique avoir voulu proposer quelque chose de différent, qui attire la curiosité et ne se limite pas à l’image aphrodisiaque généralement associée au petit cola. Après quelques essais sur plusieurs jours, elle décide de commercialiser progressivement son produit, jusqu’à en faire une activité entrepreneuriale. Elle raconte avoir d’abord testé sa préparation avant de poursuivre l’expérience, convaincue par les premiers résultats qu’elle avait observés. La commercialisation se met alors en place petit à petit, jusqu’à donner une nouvelle dimension à cette idée de départ.

Le mélange est proposé sous différentes formes. Le jus de gingembre au petit cola contient, selon ses explications, 80 % de gingembre et 20 % de petit cola.

Mais l’initiative ne s’arrête pas à la boisson. Elle se décline également en gélules, de petites enveloppes contenant une préparation sous forme de poudre ou de substance destinée à être avalée.  Dans le cas des produits présentés par Rita Nébié, les gélules contiennent 80 % de petit cola et 20 % de gingembre. Les proportions sont donc inversées par rapport au jus.

Comme l’explique Rita Nébié, l’ingrédient présent en plus grande quantité est placé en premier dans la dénomination du produit.

Au-delà de son caractère aphrodisiaque, auquel beaucoup de consommateurs associent le petit cola au gingembre, Rita Nébié affirme que cette préparation aurait d’autres vertus. Celles contre la fatigue, les problèmes de digestion et le paludisme, ainsi que certains problèmes gynécologiques, notamment les kystes et les fibromes.

La transformation locale comme démarche d’innovation

À travers cette initiative, Rita Nébié s’inscrit dans une dynamique de transformation agroalimentaire. Soli’Agro évolue dans la transformation de produits agricoles et dans l’agroécologie. L’entreprise propose notamment des jus, des nectars, des infusions et des concentrés. Cette diversité de produits témoigne de son activité autour de la transformation et de la valorisation des ressources agricoles.

Le petit cola au gingembre témoigne de cette volonté d’explorer différentes possibilités de transformation des ingrédients locaux. Au-delà de leur utilisation habituelle, ceux-ci peuvent être associés et présentés sous de nouvelles formes pour répondre à des attentes variées des consommateurs. Le passage de ces ingrédients à une préparation commercialisée illustre ainsi une démarche qui consiste à rechercher de nouvelles façons de les utiliser et de les faire connaître.

Cette initiative soulève également la question de la place des produits transformés localement sur le marché. Pour les transformateurs, il ne s’agit pas seulement de disposer de matières premières, mais aussi de trouver des idées, de développer des préparations et de proposer des produits susceptibles d’intéresser les consommateurs. L’innovation peut ainsi passer par l’association de plusieurs ingrédients, par la diversification des formes de présentation ou encore par la recherche de nouvelles possibilités de commercialisation.

Dans le cas du petit cola au gingembre, le produit est présenté sous forme de jus, tandis que les gélules constituent une autre forme de préparation. Rita Nébié explique également que le jus est proposé en version sucrée et non sucrée. Ce choix traduit sa volonté de proposer une boisson dont la teneur en sucre est maîtrisée.

La démarche de Soli’Agro s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur les possibilités qu’offre la transformation agroalimentaire au Burkina Faso. En explorant différentes associations d’ingrédients et différentes formes de produits, les entreprises locales peuvent contribuer à diversifier l’offre disponible et à faire découvrir autrement les ressources du pays.

Consommer local, mais aussi mériter la confiance

Pour Rita Nébié, le développement de la consommation locale repose sur un engagement partagé entre producteurs, transformateurs et consommateurs. Si elle invite le public à accorder davantage de place aux produits fabriqués au Burkina Faso, elle rappelle également la responsabilité des entreprises qui les proposent. À ses yeux, l’encouragement à consommer local doit s’accompagner d’efforts de la part des transformateurs afin de répondre aux attentes du public.

« Offrons au Burkinabè ce qui est digne de consommation », souligne-t-elle, en invitant les consommateurs à donner une chance aux produits locaux et les transformateurs à mériter leur confiance.

Un appel qui met en lumière un enjeu essentiel : encourager la consommation locale ne consiste pas seulement à inviter les populations à acheter des produits du pays. Il s’agit aussi de proposer des produits de qualité, capables de répondre aux attentes des consommateurs et de gagner durablement leur confiance. La valorisation des ingrédients locaux passe ainsi par plusieurs étapes, de la recherche d’idées à la transformation, puis à la commercialisation. Elle suppose également que les transformateurs accordent une attention particulière aux attentes des consommateurs, afin que les produits fabriqués localement puissent trouver leur place sur le marché.

À travers son association de petit cola et de gingembre, Rita Nébié illustre une possibilité de valorisation des ingrédients locaux par la transformation agroalimentaire. Son initiative rappelle que le développement du « Consommons local » passe aussi par la créativité des transformateurs, la diversification des produits et la qualité de l’offre. Au-delà de l’invitation à consommer burkinabè, la confiance du public repose aussi sur la capacité des entreprises locales à proposer des produits de qualité, adaptés aux attentes des consommateurs.