Ouagadougou accueille, du 22 au 27 septembre 2026, la 16e édition du Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (SITHO).Placée sous le thème « Financement des projets structurants : un levier pour le développement du tourisme », cette édition réunit professionnels, acteurs culturels, investisseurs et visiteurs autour d’une même ambition : faire du tourisme un véritable moteur de développement économique, mais aussi un espace de valorisation des identités et des patrimoines.

De gauche à droite : Mamou Daffé, ministre malien de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme ; Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, Premier ministre du Burkina Faso ; et le ministre burkinabè chargé de la Culture.

Le Mali et le Niger, invités spéciaux, ainsi que la région du Guiriko, mise à l’honneur, donnent à cette édition une dimension particulière. Au-delà des hôtels, des sites touristiques et des opportunités d’investissement, le SITHO rappelle que le tourisme sahélien puise une grande partie de sa richesse dans ce que les peuples ont reçu en héritage et continuent de faire vivre.

Quand le patrimoine devient une destination

À l’ouverture du salon, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a insisté sur la nécessité de transformer le potentiel touristique en activités économiques viables, emplois et opportunités pour les populations. Cela suppose des investissements dans les infrastructures, l’hébergement, la mobilité, la formation, l’aménagement des sites et les solutions numériques. Mais un patrimoine ne devient pas une destination touristique uniquement parce qu’un site est aménagé. Il faut aussi raconter son histoire. Il faut donner à voir ses savoir-faire, comprendre ses symboles, goûter ses saveurs, écouter ses récits et rencontrer celles et ceux qui en sont les gardiens.

Le tourisme, une autre manière de raconter nos cultures

Le SITHO 2026 met également en avant une dimension essentielle : le tourisme ne concerne pas uniquement les paysages ou les monuments. Il est aussi une manière de faire connaître les peuples par leurs cultures. Les musées, les sites historiques, l’artisanat, la gastronomie et les traditions constituent des portes d’entrée vers la compréhension des sociétés. Une calebasse travaillée à la main, un tissu traditionnel, une recette transmise par plusieurs générations, un instrument de musique, un récit de fondation, une cérémonie coutumière ou encore l’architecture d’une ancienne cité peuvent ainsi devenir des éléments d’un patrimoine touristique à valoriser à condition que cette valorisation respecte leur sens, leurs communautés et leur histoire.

Vers une destination touristique sahélienne ?

La présence du Mali et du Niger comme pays invités spéciaux donne également au salon une dimension régionale. Au nom des délégations, le ministre malien de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a évoqué la volonté de construire une destination touristique sahélienne intégrée et compétitive, notamment à travers la mutualisation des expertises et des ressources, le cofinancement de projets et la promotion commune des sites historiques, de l’artisanat et de la gastronomie.

Cette ambition ouvre une réflexion intéressante : et si les richesses culturelles du Burkina Faso, du Mali et du Niger étaient davantage pensées comme les différentes expressions d’un même espace historique et culturel ? Les routes commerciales anciennes, les royaumes, les chefferies, les savoir-faire, les langues, les cuisines, les musiques et les traditions constituent un patrimoine qui dépasse les frontières contemporaines. Le Forum des acteurs du tourisme de l’AES, prévu durant le SITHO, doit justement permettre d’examiner les possibilités de partage d’expériences et de développement de projets communs.

La gastronomie et l’artisanat, des patrimoines à part entière

Parmi les richesses que le tourisme peut contribuer à mieux faire connaître figurent également la gastronomie et l’artisanat. Derrière chaque plat traditionnel se trouvent souvent une histoire, un terroir, des produits locaux et des gestes transmis de génération en génération. De même, derrière chaque objet artisanal se trouvent un savoir-faire, une technique et parfois une symbolique particulière. Valoriser ces expressions, c’est donc aussi donner une visibilité économique à celles et ceux qui les perpétuent. Le défi consiste alors à trouver l’équilibre entre valorisation économique et préservation culturelle: faire connaître sans dénaturer, commercialiser sans effacer le sens, moderniser sans rompre avec la transmission.

Le patrimoine vivant au cœur de l’avenir

Le SITHO 2026 rappelle finalement une évidence : le patrimoine touristique du Burkina Faso ne se trouve pas seulement dans les sites que l’on visite. Il vit aussi dans les communautés. Il est dans les récits des anciens, les cérémonies, les savoir-faire des artisans, les recettes familiales, les danses, les chants, les paysages façonnés par les générations et les pratiques qui continuent de donner du sens à la vie collective.

Pawindkisgou Yvette TAPSOBA