Pourquoi certaines familles refusent-elles de toucher un animal particulier ? Pourquoi certains interdits se transmettent-ils de génération en génération ? Que révèlent réellement les animaux totems dans les traditions africaines ?

Dans de nombreuses sociétés africaines, les animaux occupent une place qui dépasse largement leur rôle dans la nature. Ils peuvent être considérés comme des protecteurs, des ancêtres symboliques, des messagers ou les témoins d’une alliance ancienne entre une communauté et le monde vivant. Ces liens, transmis au fil des générations, donnent naissance à ce que l’on appelle les animaux totems.
Présentes sous des formes diverses selon les peuples, ces croyances constituent un élément important du patrimoine culturel immatériel africain. Elles racontent l’histoire des lignées, rappellent des événements fondateurs et transmettent des valeurs qui participent à la construction de l’identité collective. Chez les Gourmantché, ces traditions demeurent vivantes à travers des récits, des interdits et des enseignements transmis par les anciens. Dans un entretien accordé à Maatene – Tradition africaine et mythe, Maldia Richard THIOMBIANO partage une partie de cet héritage culturel.
Le totem, un héritage de mémoire
Dans la tradition gourmantché rapportée par notre interlocuteur, le totem ne désigne pas simplement un animal. Il renvoie à une histoire, à une alliance ancienne ou à un épisode fondateur de la vie d’une famille ou d’une lignée. Ces liens s’expriment souvent à travers des interdits dont la signification dépasse la simple règle de conduite. Ils constituent une manière de préserver la mémoire des ancêtres et de rappeler les responsabilités héritées de chaque génération. Ainsi, chez les THIOMBIANO, il est traditionnellement déconseillé de marcher sur le sang d’un lion. Derrière cet interdit se trouve un récit transmis oralement, porteur d’un enseignement sur les origines de la famille et le respect dû à son histoire.
Le boa, un animal chargé de symboles
L’entretien évoque également le cas du boa. Dans certaines traditions gourmantché, sa rencontre peut être interprétée comme un signe appelant à la vigilance ou à la réflexion. Comme dans de nombreuses cultures africaines, l’animal est ici envisagé à travers une lecture symbolique. Sa présence invite moins à la peur qu’à l’observation du contexte et à l’écoute des enseignements transmis par les anciens. Ces interprétations peuvent varier selon les communautés, les lignées ou les régions. Elles illustrent la diversité des patrimoines culturels africains plutôt qu’une croyance unique.
Une autre manière de comprendre les mythes
Les récits autour des animaux totems sont parfois réduits à de simples superstitions. Pourtant, ils constituent avant tout un langage culturel. À travers ces histoires, les anciens transmettaient des repères moraux, rappelaient les origines des familles, enseignaient le respect de la nature et entretenaient la mémoire collective. Dans des sociétés où la tradition orale occupait une place essentielle, ces récits étaient également un moyen de préserver l’histoire des communautés et de renforcer les liens entre les générations.
Documenter un patrimoine vivant
Aujourd’hui encore, les traditions liées aux animaux totems continuent d’interroger notre rapport à la nature, à la mémoire et à l’identité culturelle. En recueillant la parole de ceux qui en sont les dépositaires, Maatene contribue à documenter un patrimoine souvent méconnu, mais pourtant essentiel à la compréhension des cultures africaines.
À propos de cet entretien
Cet article est issu d’un entretien réalisé par Maatene – Tradition africaine et mythe avec Maldia Richard THIOMBIANO. Les explications présentées reflètent des traditions et des savoirs transmis au sein de certaines communautés gourmantché. Elles sont rapportées dans une démarche de documentation et de valorisation du patrimoine culturel immatériel.
Découvrez l’entretien vidéo complet sur notre page Youtube et partagez avec nous les traditions liées aux animaux totems dans votre communauté.








