Il est 8h30 lorsque nous foulons la terre rouge de Boussouma. L’aurore enveloppe encore le palais d’un calme presque mystique. Quelques silhouettes arpentent l’esplanade. Au fond, un vieil homme aux cheveux blancs, assis, paisible. Il ne dit rien, mais dans sa présence silencieuse, on devine toute une mémoire. Il est comme un gardien, un témoin discret des choses profondes.

À ce moment, le doute s’infiltre : où est la foule annoncée ? Le peuple du royaume viendra-t-il ? Pourquoi ce silence ? On s’interroge, un peu troublés.Mais à 8h40, tout bascule.
Le top départ de la procession est lancé. En un souffle, le paysage change. Comme si le vent avait réveillé les âmes. Des ruelles, des concessions, surgissent des femmes en pagnes éclatants, des hommes en tenue de fête, des enfants aux yeux brillants. Le palais se remplit, déborde. Le peuple est bien là. Il n’a jamais été loin.
La procession s’élance vers la montagne sacrée. Sur le chemin, les images s’impriment dans l’âme : un ancien marche à pas lents, vêtu que d’un pagne noir tissé, le torse à nu, des chaussures en cuir, il porte le tiibo enfui dans une flèche, entourée de plume et de sang, il est soutenu par d’autres vieillards. À côté, des enfants portent avec précaution des chèvres, des coqs, des poules, du dolo. Ce sont les off
