{"id":22216,"date":"2026-08-19T16:26:10","date_gmt":"2026-08-19T16:26:10","guid":{"rendered":"https:\/\/maatene.com\/?p=22216"},"modified":"2026-08-19T16:26:12","modified_gmt":"2026-08-19T16:26:12","slug":"les-femmes-mwila-quand-la-coiffure-raconte-une-histoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maatene.com\/?p=22216","title":{"rendered":"Les femmes Mwila : quand la coiffure\u00a0\u00a0raconte une histoire"},"content":{"rendered":"<p>Dans le sud-ouest de l\u2019Angola, sur les hauteurs de la province de Hu\u00edla, les femmes Mwila portent sur leur t\u00eate et autour de leur cou bien plus que des ornements. Leurs coiffures sculpt\u00e9es dans l\u2019ocre rouge, leurs lourds colliers de perles et leurs parures constituent un v\u00e9ritable langage culturel. Chez les Mwila, le corps devient un espace o\u00f9 se lisent l\u2019\u00e2ge, les \u00e9tapes de la vie, l\u2019appartenance sociale et la m\u00e9moire d\u2019une communaut\u00e9. Les Mwila, \u00e9galement appel\u00e9es Muila ou Mumuila, appartiennent \u00e0 l\u2019ensemble culturel et ethnolinguistique Nyaneka-Humbi, pr\u00e9sent principalement dans le sud de l\u2019Angola. Leur territoire est particuli\u00e8rement associ\u00e9 \u00e0 la province de Hu\u00edla, dans les r\u00e9gions autour de Chibia et du plateau de Hu\u00edla. Leur mode de vie s\u2019est historiquement construit autour de l\u2019agriculture et de l\u2019\u00e9levage, dans un environnement o\u00f9 la terre, les animaux et les relations communautaires occupent une place importante. Mais lorsqu\u2019on d\u00e9couvre les Mwila, c\u2019est surtout l\u2019apparence des femmes qui attire imm\u00e9diatement le regard. Leurs silhouettes sont souvent accompagn\u00e9es de colliers imposants, de perles, de coquillages et surtout de ces coiffures rouges, sculpturales, qui semblent parfois avoir \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9es dans la terre. Pourtant, r\u00e9duire cette esth\u00e9tique \u00e0 une simple recherche de beaut\u00e9 serait passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019essentiel.<\/p><p>Chez les Mwila, la coiffure et les parures ne rel\u00e8vent donc pas uniquement de l\u2019esth\u00e9tique. Elles peuvent renseigner sur le statut social, les \u00e9tapes de la vie et, dans certains cas, sur des \u00e9v\u00e9nements familiaux. Le corps devient ainsi un support de signes que la communaut\u00e9 sait lire.<\/p><p><strong>La coiffure rouge : une v\u00e9ritable signature culturelle<\/strong><\/p><p>La coiffure traditionnelle des femmes Mwila est l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments les plus remarquables de leur identit\u00e9. Les cheveux sont divis\u00e9s et travaill\u00e9s en m\u00e8ches \u00e9paisses appel\u00e9es nontombi. Ils sont ensuite recouverts d\u2019une pr\u00e9paration rouge connue sous le nom d\u2019oncula, r\u00e9alis\u00e9e notamment \u00e0 partir d\u2019une pierre rouge r\u00e9duite en poudre et m\u00e9lang\u00e9e \u00e0&nbsp;&nbsp;des huiles ou graisses, de l\u2019\u00e9corce broy\u00e9e, des plantes et, selon plusieurs descriptions, de mati\u00e8re issue du b\u00e9tail.<\/p><p>Cette mati\u00e8re donne aux cheveux leur aspect rouge-brun caract\u00e9ristique et permet de modeler les m\u00e8ches en formes \u00e9paisses et rigides. Les nontombi peuvent \u00eatre d\u00e9cor\u00e9es de perles, de coquillages cauris, de petits objets m\u00e9talliques ou d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments, faisant de la t\u00eate un v\u00e9ritable espace artistique. Le front peut \u00e9galement \u00eatre ras\u00e9, pratique traditionnellement associ\u00e9e \u00e0 la beaut\u00e9 chez les Mwila. Mais derri\u00e8re cette apparence spectaculaire se trouve surtout un syst\u00e8me de signes.<\/p><p>Les coiffures ne sont toutefois pas uniformes. Des travaux consacr\u00e9s aux femmes Mwila de Chibia montrent qu\u2019elles peuvent varier selon le statut social et notamment selon que la femme est c\u00e9libataire ou mari\u00e9e.<\/p><figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\"><figure class=\"wp-block-image size-large\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"667\" data-id=\"22221\" src=\"https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/xXpLEl0zAdBqrs1IjEpijyRZTaPQYoq85ksFyfEFmVyhZtU2lP_rNIdXqn22t9AnS1t3tawCDDdAE9upgl0ZfkkhVi0aQJUiUb3QJawZanjo65g2DuBfdsv-h-luOubeB2emfwxNRxo6UrOaWFKtSJ8ierxKjo8Q4ZY65j3cBgiK114u7Pn9ksc_ENlvfaWJ.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-22221\" srcset=\"https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/xXpLEl0zAdBqrs1IjEpijyRZTaPQYoq85ksFyfEFmVyhZtU2lP_rNIdXqn22t9AnS1t3tawCDDdAE9upgl0ZfkkhVi0aQJUiUb3QJawZanjo65g2DuBfdsv-h-luOubeB2emfwxNRxo6UrOaWFKtSJ8ierxKjo8Q4ZY65j3cBgiK114u7Pn9ksc_ENlvfaWJ.jpeg 1000w, https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/xXpLEl0zAdBqrs1IjEpijyRZTaPQYoq85ksFyfEFmVyhZtU2lP_rNIdXqn22t9AnS1t3tawCDDdAE9upgl0ZfkkhVi0aQJUiUb3QJawZanjo65g2DuBfdsv-h-luOubeB2emfwxNRxo6UrOaWFKtSJ8ierxKjo8Q4ZY65j3cBgiK114u7Pn9ksc_ENlvfaWJ-300x200.jpeg 300w, https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/xXpLEl0zAdBqrs1IjEpijyRZTaPQYoq85ksFyfEFmVyhZtU2lP_rNIdXqn22t9AnS1t3tawCDDdAE9upgl0ZfkkhVi0aQJUiUb3QJawZanjo65g2DuBfdsv-h-luOubeB2emfwxNRxo6UrOaWFKtSJ8ierxKjo8Q4ZY65j3cBgiK114u7Pn9ksc_ENlvfaWJ-768x512.jpeg 768w, https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/xXpLEl0zAdBqrs1IjEpijyRZTaPQYoq85ksFyfEFmVyhZtU2lP_rNIdXqn22t9AnS1t3tawCDDdAE9upgl0ZfkkhVi0aQJUiUb3QJawZanjo65g2DuBfdsv-h-luOubeB2emfwxNRxo6UrOaWFKtSJ8ierxKjo8Q4ZY65j3cBgiK114u7Pn9ksc_ENlvfaWJ-600x400.jpeg 600w, https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/xXpLEl0zAdBqrs1IjEpijyRZTaPQYoq85ksFyfEFmVyhZtU2lP_rNIdXqn22t9AnS1t3tawCDDdAE9upgl0ZfkkhVi0aQJUiUb3QJawZanjo65g2DuBfdsv-h-luOubeB2emfwxNRxo6UrOaWFKtSJ8ierxKjo8Q4ZY65j3cBgiK114u7Pn9ksc_ENlvfaWJ-450x300.jpeg 450w\" sizes=\"(max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure><\/figure><p><strong>Les nontombi : des m\u00e8ches qui racontent<\/strong><\/p><p>Parmi les formes les plus connues figurent les nontombi, ces m\u00e8ches \u00e9paisses qui donnent aux coiffures Mwila leur silhouette si particuli\u00e8re.&nbsp;&nbsp;Les descriptions ethnographiques et documentaires disponibles indiquent que les femmes et les jeunes filles portent g\u00e9n\u00e9ralement quatre ou six nontombi, tandis qu\u2019une coiffure compos\u00e9e de trois m\u00e8ches peut signaler un deuil familial. Cette pratique doit toutefois \u00eatre comprise comme un code culturel document\u00e9 dans certaines sources, et non comme une r\u00e8gle n\u00e9cessairement uniforme pour toutes les femmes Mwila.<\/p><p>Le nombre de m\u00e8ches n\u2019est donc pas seulement une question de forme. Dans certaines situations, il devient un signe que les membres de la communaut\u00e9 peuvent interpr\u00e9ter. La coiffure participe ainsi \u00e0 une v\u00e9ritable grammaire sociale du corps.<\/p><figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"480\" height=\"720\" src=\"https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Mwila-woman-Angola-Eric-Lafforgue-1.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-22220\" srcset=\"https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Mwila-woman-Angola-Eric-Lafforgue-1.webp 480w, https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Mwila-woman-Angola-Eric-Lafforgue-1-200x300.webp 200w, https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Mwila-woman-Angola-Eric-Lafforgue-1-300x450.webp 300w\" sizes=\"(max-width: 480px) 100vw, 480px\" \/><\/figure><p><strong>L\u2019ocre rouge : la couleur de la terre sur les cheveux<\/strong><\/p><p>Le rouge des coiffures Mwila n\u2019est pas une couleur choisie au hasard. L\u2019oncula, pr\u00e9par\u00e9e notamment \u00e0 partir de pierre rouge broy\u00e9e, donne \u00e0 la chevelure cette teinte profonde qui rappelle la terre. Associ\u00e9e aux huiles, aux plantes et aux autres mati\u00e8res utilis\u00e9es dans la pr\u00e9paration, elle transforme progressivement les cheveux en une mati\u00e8re compacte qui peut \u00eatre model\u00e9e et conserv\u00e9e.<\/p><p>La couleur et les mati\u00e8res utilis\u00e9es inscrivent ainsi la coiffure dans un environnement o\u00f9 les ressources naturelles occupent une place importante. La pierre, les plantes, les huiles, l\u2019\u00e9corce ou encore certaines mati\u00e8res animales deviennent des \u00e9l\u00e9ments de la parure. La beaut\u00e9 se construit alors \u00e0 partir de mat\u00e9riaux familiers du territoire et de savoir-faire transmis.<\/p><figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"378\" height=\"529\" src=\"https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/images.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-22218\" srcset=\"https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/images.jpeg 378w, https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/images-214x300.jpeg 214w, https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/images-300x420.jpeg 300w\" sizes=\"(max-width: 378px) 100vw, 378px\" \/><\/figure><p><strong>Des ornements qui accompagnent la vie<\/strong><\/p><p>Chez les Mwila, les ornements du cou peuvent accompagner les diff\u00e9rentes \u00e9tapes de la vie d\u2019une fille puis d\u2019une femme. Des descriptions ethnographiques rapportent notamment plusieurs formes de colliers : de lourdes parures rouges port\u00e9es par les jeunes filles, puis des colliers appel\u00e9s Vikeka, et, apr\u00e8s le mariage, des ensembles de colliers superpos\u00e9s connus sous le nom de Vilanda.<\/p><p>Ces parures accompagnent ainsi diff\u00e9rentes \u00e9tapes du parcours f\u00e9minin et rendent visible une \u00e9volution du statut social. Les sources consacr\u00e9es aux Mwila d\u00e9crivent notamment les vikeka comme des colliers port\u00e9s avant le mariage, puis les vilanda comme des ensembles de colliers port\u00e9s par les femmes mari\u00e9es. Certaines descriptions rapportent que ces derniers sont conserv\u00e9s en permanence, y compris pendant le sommeil.<\/p><p><strong>Une beaut\u00e9 qui s\u2019apprend entre femmes<\/strong><\/p><p>Derri\u00e8re ces coiffures complexes se trouve aussi un savoir-faire. La pr\u00e9paration des cheveux et la r\u00e9alisation des coiffures traditionnelles ont historiquement constitu\u00e9 des activit\u00e9s largement transmises entre femmes. Une \u00e9tude consacr\u00e9e aux coiffures du sud de l\u2019Angola montre que cet apprentissage faisait partie d\u2019une v\u00e9ritable transmission de savoirs et de techniques du corps, permettant aux jeunes filles d\u2019apprendre progressivement les gestes li\u00e9s aux cheveux et aux parures.<\/p><p>Une femme apprend \u00e0 une autre comment pr\u00e9parer les mati\u00e8res, comment diviser les cheveux, comment former les m\u00e8ches et comment reconna\u00eetre les coiffures adapt\u00e9es aux diff\u00e9rentes \u00e9tapes de la vie.&nbsp;<\/p><p>Mais ce savoir ne se transmet pas seulement avec les mains. Il se transmet aussi avec les habitudes, les r\u00e8gles sociales et la m\u00e9moire collective. Apprendre \u00e0 coiffer, c\u2019est \u00e9galement apprendre \u00e0 reconna\u00eetre les signes associ\u00e9s aux diff\u00e9rentes \u00e9tapes de la vie.<\/p><figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\"><figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"889\" height=\"1024\" data-id=\"22219\" src=\"https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/MnoXX_aqPtRlda59JkGEqNGSgoqMKkLG5bO5zfisZC5NUerEsI4lJWANYPVHXkmlaL4Iv2ntbw2sbV_EAY2RhK13o6e-xKAO1rfXoD858P6U_jWU0-Ygd9PK7TqqiPG7bHfrBJUSfiJrfO8tnK_OudlnUTDdX8RzNYoPon6nkemRzotp01fAVf4IPH-BKto-889x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-22219\" srcset=\"https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/MnoXX_aqPtRlda59JkGEqNGSgoqMKkLG5bO5zfisZC5NUerEsI4lJWANYPVHXkmlaL4Iv2ntbw2sbV_EAY2RhK13o6e-xKAO1rfXoD858P6U_jWU0-Ygd9PK7TqqiPG7bHfrBJUSfiJrfO8tnK_OudlnUTDdX8RzNYoPon6nkemRzotp01fAVf4IPH-BKto-889x1024.jpeg 889w, https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/MnoXX_aqPtRlda59JkGEqNGSgoqMKkLG5bO5zfisZC5NUerEsI4lJWANYPVHXkmlaL4Iv2ntbw2sbV_EAY2RhK13o6e-xKAO1rfXoD858P6U_jWU0-Ygd9PK7TqqiPG7bHfrBJUSfiJrfO8tnK_OudlnUTDdX8RzNYoPon6nkemRzotp01fAVf4IPH-BKto-260x300.jpeg 260w, https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/MnoXX_aqPtRlda59JkGEqNGSgoqMKkLG5bO5zfisZC5NUerEsI4lJWANYPVHXkmlaL4Iv2ntbw2sbV_EAY2RhK13o6e-xKAO1rfXoD858P6U_jWU0-Ygd9PK7TqqiPG7bHfrBJUSfiJrfO8tnK_OudlnUTDdX8RzNYoPon6nkemRzotp01fAVf4IPH-BKto-768x885.jpeg 768w, https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/MnoXX_aqPtRlda59JkGEqNGSgoqMKkLG5bO5zfisZC5NUerEsI4lJWANYPVHXkmlaL4Iv2ntbw2sbV_EAY2RhK13o6e-xKAO1rfXoD858P6U_jWU0-Ygd9PK7TqqiPG7bHfrBJUSfiJrfO8tnK_OudlnUTDdX8RzNYoPon6nkemRzotp01fAVf4IPH-BKto-1333x1536.jpeg 1333w, https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/MnoXX_aqPtRlda59JkGEqNGSgoqMKkLG5bO5zfisZC5NUerEsI4lJWANYPVHXkmlaL4Iv2ntbw2sbV_EAY2RhK13o6e-xKAO1rfXoD858P6U_jWU0-Ygd9PK7TqqiPG7bHfrBJUSfiJrfO8tnK_OudlnUTDdX8RzNYoPon6nkemRzotp01fAVf4IPH-BKto-300x346.jpeg 300w, https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/MnoXX_aqPtRlda59JkGEqNGSgoqMKkLG5bO5zfisZC5NUerEsI4lJWANYPVHXkmlaL4Iv2ntbw2sbV_EAY2RhK13o6e-xKAO1rfXoD858P6U_jWU0-Ygd9PK7TqqiPG7bHfrBJUSfiJrfO8tnK_OudlnUTDdX8RzNYoPon6nkemRzotp01fAVf4IPH-BKto-600x691.jpeg 600w, https:\/\/maatene.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/MnoXX_aqPtRlda59JkGEqNGSgoqMKkLG5bO5zfisZC5NUerEsI4lJWANYPVHXkmlaL4Iv2ntbw2sbV_EAY2RhK13o6e-xKAO1rfXoD858P6U_jWU0-Ygd9PK7TqqiPG7bHfrBJUSfiJrfO8tnK_OudlnUTDdX8RzNYoPon6nkemRzotp01fAVf4IPH-BKto.jpeg 1515w\" sizes=\"(max-width: 889px) 100vw, 889px\" \/><\/figure><\/figure><p><strong>Une identit\u00e9 qui \u00e9volue sans dispara\u00eetre<\/strong><\/p><p>Aujourd\u2019hui, la vie des Mwila \u00e9volue. Les v\u00eatements modernes et les nouvelles habitudes c\u00f4toient encore les coiffures, les colliers et les autres formes de parures traditionnelles. Dans les villes et les march\u00e9s, les codes vestimentaires contemporains gagnent du terrain, tandis que certaines pratiques anciennes deviennent moins fr\u00e9quentes. Cette \u00e9volution n\u2019efface pas pour autant la port\u00e9e culturelle de ces pratiques. Elle montre plut\u00f4t que les traditions ne sont jamais totalement fig\u00e9es : elles se transforment au contact des nouvelles r\u00e9alit\u00e9s sociales, tout en conservant parfois des formes, des gestes et des signes h\u00e9rit\u00e9s du pass\u00e9. Pour autant, la culture Mwila ne peut pas \u00eatre r\u00e9duite \u00e0 une image ancienne fig\u00e9e dans le temps. Elle continue de vivre \u00e0 travers les femmes qui portent leurs coiffures, leurs parures et leurs savoir-faire, mais aussi \u00e0 travers les jeunes g\u00e9n\u00e9rations qui h\u00e9ritent de cette m\u00e9moire et la r\u00e9interpr\u00e8tent.<\/p><p><strong>Quand la femme devient gardienne de la m\u00e9moire<\/strong><\/p><p>Chez les Mwila, la femme appara\u00eet ainsi comme une porteuse essentielle de l\u2019identit\u00e9 culturelle. Dans un monde o\u00f9 les modes et les apparences se transforment rapidement, les femmes Mwila nous rappellent une chose essentielle : la beaut\u00e9 peut \u00eatre bien plus qu\u2019une apparence. Elle peut \u00eatre un langage, une m\u00e9moire et une mani\u00e8re de faire vivre l\u2019h\u00e9ritage des g\u00e9n\u00e9rations pass\u00e9es. \u00c0 travers une m\u00e8che, un collier ou une couleur, c\u2019est ainsi une partie de l\u2019histoire sociale qui devient visible. La coiffure n\u2019est plus seulement ce que l\u2019on porte sur la t\u00eate : elle devient une mani\u00e8re de dire qui l\u2019on est, o\u00f9 l\u2019on se situe dans le parcours de la vie et ce que l\u2019on choisit de transmettre. Chez les Mwila, la beaut\u00e9 se porte donc comme une m\u00e9moire. Et lorsque cette m\u00e9moire continue d\u2019\u00eatre transmise, elle cesse d\u2019\u00eatre seulement un h\u00e9ritage : elle devient une tradition vivante.<\/p><div class=\"wp-block-post-author\"><div class=\"wp-block-post-author__avatar\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/maatene.com\/wp-content\/plugins\/ultimate-member\/assets\/img\/default_avatar.jpg\" class=\"gravatar avatar avatar-48 um-avatar um-avatar-default\" width=\"48\" height=\"48\" alt=\"flore\" data-default=\"https:\/\/maatene.com\/wp-content\/plugins\/ultimate-member\/assets\/img\/default_avatar.jpg\" onerror=\"if ( ! this.getAttribute('data-load-error') ){ this.setAttribute('data-load-error', '1');this.setAttribute('src', this.getAttribute('data-default'));}\" loading=\"lazy\" \/><\/div><div class=\"wp-block-post-author__content\"><p class=\"wp-block-post-author__name\">flore<\/p><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le sud-ouest de l\u2019Angola, sur les hauteurs de la province de Hu\u00edla, les femmes Mwila portent sur leur t\u00eate et autour de leur cou bien plus que des ornements. 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